Mon jeûne de 10 jours

Yoga, Jeûne et Randonnée — Témoignage personnel

Catalina lors d'un stage de jeûne et randonnée dans la nature

Chaque année, au printemps, je me retrouve à l'appel du jeûne. Ce n'est pas une contrainte — c'est un rendez-vous avec moi-même, une tradition qui me ressource aussi profondément qu'un séjour en montagne. Voici le récit détaillé de mon dernier jeûne de 10 jours, avec ses hauts, ses bas, et les découvertes que cette pratique continue de m'apporter.

La préparation : les trois jours avant le jeûne

Un jeûne de 10 jours ne s'improvise pas. La préparation alimentaire commence trois à cinq jours avant, en allégeant progressivement l'assiette : suppression de la viande, de l'alcool et du café, augmentation des fruits et légumes crus. Cette transition douce permet au corps d'anticiper le changement et réduit considérablement les effets de la crise d'acidose.

J'ai également préparé mon espace de vie : j'ai vidé le réfrigérateur des tentations, préparé mes tisanes préférées (menthe, fenouil, tilleul) et bloqué dix jours dans mon agenda. Ce temps pour soi est sacré — il ne souffre aucun compromis.

Jours 1 à 3 : l'entrée en matière

Les deux premiers jours sont souvent les plus difficiles psychologiquement. Le corps n'est pas encore en cétose, et la tête commence à négocier. « Un petit quelque chose ne ferait pas de mal… » Ces pensées sont normales. Je les observe sans y céder.

Le troisième jour marque la fameuse crise d'acidose : le foie prend le relais pour fournir du glucose au cerveau. Pour moi, c'est un mal de tête persistant, une légère nausée, et une fatigue profonde. Cette année, j'ai pratiqué deux séances de yoga doux le matin, et cela a considérablement allégé la crise. La respiration consciente (pranayama) est un outil précieux à ce moment-là.

Jours 4 à 7 : la détox en profondeur

À partir du quatrième jour, quelque chose bascule. Le corps s'est adapté, le métabolisme fonctionne différemment, et une clarté mentale inhabituelle fait son apparition. C'est ce que les jeûneurs expérimentés décrivent comme « l'état de grâce du jeûne ».

Pour moi, ces journées sont rythmées par :

  • Une séance de yoga de 1h30 le matin, avec un accent sur les postures pour les hanches (qui me font souffrir pendant le jeûne)
  • Une grande balade d'1h à 1h30 dans la nature, sous les arbres
  • 20 minutes de méditation sous mon séquoia préféré
  • Du repos en milieu d'après-midi

Les douleurs articulaires aux hanches et aux genoux persistent, mais elles sont le signe que le corps travaille activement à éliminer les toxines accumulées. Je les accueille comme une information plutôt que comme une souffrance.

Jours 8 à 10 : le renouveau

Les derniers jours sont les plus beaux. Une légèreté s'installe — non seulement physique, mais aussi émotionnelle. Tous mes sens sont décuplés : les odeurs de la forêt, le chant des oiseaux, la lumière du matin. Au printemps, contempler la nature qui renaît pendant le jeûne est une expérience mystique.

Cette année, j'ai maintenu mon niveau d'énergie jusqu'au bout, ce qui n'avait pas toujours été le cas les années précédentes. Je l'attribue à la combinaison yoga + marche quotidienne, ainsi qu'à une meilleure préparation initiale.

La reprise alimentaire : aussi importante que le jeûne lui-même

J'ai cassé le jeûne le soir du dixième jour avec un jus vert (pomme, concombre, gingembre). Les trois jours qui ont suivi ont été étonnamment plus difficiles que les dix jours de jeûne : un sentiment d'avoir l'esprit moins clair, une légère irritabilité.

La reprise se fait progressivement, en suivant ce protocole :

  1. J+1 à J+2 : jus de fruits et légumes uniquement
  2. J+3 à J+4 : fruits entiers, compotes sans sucre ajouté
  3. J+5 à J+7 : salades, soupes de légumes, yaourts végétaux
  4. À partir de J+8 : réintroduction progressive des protéines

À une semaine de la reprise, tout allait parfaitement bien. Ce jeûne m'a permis de remettre en main mon alimentation avec des repas essentiellement crus, d'autant plus que la saison printanière s'y prête idéalement. Je prévois déjà un jeûne automnal pour préparer la saison hivernale.

Alors oui : jus, fruits et salades — et surtout, le bonheur de prendre soin de soi !

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