Yoga, jeûne et randonnée — octobre 2018

Yoga, Jeûne et Randonnée — Récit de stage

Vue du domaine de Bonnesvalyn lors du stage de jeûne d'octobre 2018

C'est à Vale de Parra, dans la lumière d'automne de l'Algarve, que nous nous sommes retrouvés le samedi 13 octobre 2018. Une petite équipe de participants venus de toute la France, avec un point commun : personne n'avait jamais jeûné auparavant. Ce récit est pour eux, et pour tous ceux qui s'interrogent sur ce que vit vraiment un groupe lors d'une semaine de jeûne, yoga et randonnée.

Jour 1 — L'arrivée et les premières appréhensions

En accueillant chaque participant, j'ai lu sur leurs visages une même expression mêlant enthousiasme et inquiétude. Les questions fusaient :

  • « Serai-je capable de tenir six jours ? »
  • « La faim va-t-elle être insupportable ? »
  • « Y a-t-il un restaurant à proximité, au cas où ? »

J'ai répondu honnêtement à chaque question, en rappelant que le jeûne est un choix totalement volontaire, que chacun reste libre de l'interrompre à tout moment, et qu'un accompagnement individuel est assuré tout au long de la semaine. Cette transparence totale est, je crois, la première condition d'un jeûne réussi : la sécurité psychologique.

Le premier soir, nous avons partagé le premier bouillon de légumes chaud — un geste simple qui a créé instantanément un sentiment de groupe, de communauté autour de ce projet commun.

Jours 2 et 3 — Le rythme s'installe

Le lendemain, réveil à 7h pour une méditation au lever du soleil sur la plage. Tout le monde était présent, et je sens encore l'énergie de ce moment — le silence de l'aube, le bruit des vagues, et ces dix personnes assises face à l'horizon, partageant sans le formuler une expérience intérieure intense.

La séance de yoga qui suivait était douce, centrée sur la respiration et les torsions légères. Les participants ont été surpris : ils s'attendaient à se sentir faibles, mais l'énergie était là.

Le deuxième jour s'est terminé par une randonnée de 12 kilomètres dans les collines autour de Vale de Parra. Quelques-uns disaient avoir faim, mais de façon supportable. Beaucoup ont remarqué une amélioration de leur sommeil — plus profond, plus réparateur qu'en temps normal.

Jour 3 — La crise d'acidose

Le troisième jour a apporté ce que j'avais annoncé : la crise d'acidose. Pour la majorité du groupe, cela s'est traduit par une fatigue profonde en fin de matinée, des maux de tête pour certains, et une envie de dormir qui ne se discute pas.

Nous avons adapté le programme : une séance de yoga restoratif le matin, une courte marche d'une heure en fin d'après-midi, et du repos dans les chambres entre les deux. J'ai passé du temps avec chaque personne individuellement, proposant des techniques de respiration et rassurrant sur la normalité de ce qu'ils vivaient.

Ce qui m'a touchée : la solidarité spontanée du groupe. Les participants se soutenaient mutuellement, partageaient leurs astuces, se prêtaient des huiles essentielles. Une belle communauté éphémère était née.

Jours 4 à 6 — Le renouveau

À partir du quatrième jour, l'énergie est revenue pour tout le groupe. C'est ce moment que j'attends toujours avec impatience lors de chaque stage — ce basculement, ce retour à la vie après les jours de détox difficiles.

Nos randonnées ont repris à plein régime : en moyenne 9 kilomètres par jour, sur des sentiers côtiers et à travers les orangeraies de l'Algarve. Les conversations pendant les marches ont changé de nature : moins pratiques, plus profondes, plus personnelles. Le jeûne crée cette intimité particulière.

Au sixième jour, certains participants confessaient ne plus avoir faim du tout — leur corps fonctionnait en mode cétose optimale, et cet état leur plaisait. Cette découverte, que le corps sait fonctionner sans nourriture, est souvent la révélation la plus marquante du stage.

Jour 7 — La rupture du jeûne

Le septième jour, nous avons cassé le jeûne avec un jus de pastèque et de melon local — les fruits les plus doux et les plus hydratants qui soient pour réveiller doucement le système digestif. La joie collective de ce moment était palpable. Pas parce que « enfin on mange » — mais parce que chaque participant avait réussi ce qu'il pensait impossible.

L'après-midi, nous avons fait une balade en bateau pour visiter les grottes marines de l'Algarve. Un cadeau de la nature pour célébrer cette semaine extraordinaire.

Le samedi, les départs se sont faits dans une atmosphère de légèreté et d'émotion mêlées. Chaque participant est reparti avec ses indications de reprise alimentaire personnalisées — et avec quelque chose de moins définissable mais bien plus précieux : une nouvelle relation à son corps et à lui-même.

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